Prisca

Mardi soir. 23h30. Quartier St Michel à Toulouse. Je reviens d’un chouette concert, la vie est belle, je vais m’acheter du chocolat pour fêter ça.
Je sors de l’épicerie de nuit, je suis seule dans la rue.
3 hommes m’interpellent par des « Bonsoir princesse », « Bonsoir Bella » et autres.
Je les ignore.
Visiblement, ça les agace. Alors l’un d’entre eux lance une attaque sur mon physique. Je me retourne et reviens les voir en leur demandant sèchement de répéter. Il me disent alors que « Nan mais attends, on te dit « bonsoir princesse » et toi tu réponds même pas. »
Je leur explique, droit dans les yeux que je m’en branle et que je n’ai aucune obligation de leur répondre. Et qu’en plus, ils sont 10-15 clampins à m’interpeller de cette manière chaque jour et que je n’en peux simplement plus.
Celui près de moi me lance alors un « Ferme ta gueule » en crachant.
Je lui renvoie alors un gros « Non, toi, ferme bien ta gueule » en lui crachant dessus.
Et là, le mec me met un énorme coup au visage. Je me cogne brutalement contre une rambarde en fer et m’écroule par terre, la joue bien rouge et enflée et la lèvre ouverte. Et…le poignet complètement pété.
Hôpital. On m’annonce que les os sont déplacés, le poignet cassé et que je dois être opérée d’urgence. On m’ouvre et me met une plaque en fer. J’y reste 2 jours. Je suis salement amochée. 3 mois de convalescence en prévision. Rééducation, etc.
Avant, après: crises de nerfs et de larmes à m’en vider le corps.
2 jours que je chiale ma race. Que je chiale de cette énième agression, humiliation, parce que je suis tout simplement une femme.

Alors voilà, j’ai bientôt 37 ans. Ça va faire maintenant presque 25 ans que je subis ces saloperies en tous genres: agressions verbales, humiliations multiples, harcèlement sexuel, moral, de rue ou au travail, violences physiques, viol. Et j’en passe…

Je suis à bout. La colère, la rage, je l’ai, je vis avec chaque jour. mais je monte d’un cran à chaque nouvelle épreuve de ce style. Mon sang bout de plus en plus.
J’en ressors une nouvelle fois traumatisée, vidée. Je reste debout mais je maudis ce système patriarcal. Je le vomis de toute mon âme.

Néanmoins, je reste fière d’être une femme et mon/notre combat continuera tant qu’il le faudra.

La peur doit changer de camp.

Edit: Mon agresseur était de type caucasien. Donc les fachos qui se servent de mon histoire pour assouvir leurs relents gerbants de racistes décomplexés, cassez-vous.

Edit 2: Je ne devrais pas avoir à me justifier ou à apporter d’autres renseignements sur mon agression. Mais vu que des petits ahuris me blâment de ne pas avoir porté plainte et que des médias relaient des mensonges, sachez que SI, j’ai porté plainte.
Vous êtes soulagés les guignols ?
Et non, je n’irai pas jusqu’à vous fournir la preuve de ce que je dis. Vous me faites déjà assez gerber.

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3 commentaires sur “Prisca

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  1. Je ne sais pas si cela suffira à apaiser ta colère et ta révolte légitime mais je veux que tu sache que je suis de tout coeur avec toi.
    Je me permets de rebloguer ce que tu as vécu. Et tu as entièrement raison: la peur doit changer de camp.

    J'aime

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